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    Coline et Tom, nouvelles de 2015

     

    Coline et Tom..........

     

    Traînant le pas, les yeux hagards à cause de sa douleur

    elle suivait le sentier, recouvert de trèfles,

    elle s’appuyait sur le bâton en guise de cane.

    Au loin, le ciel laissait entrevoir les lumineuses étoiles qui bientôt,

    le couvriraient de nuit.

    Angelo avait proposé de l’escorter jusqu’ à sa chaumière, mais elle avait préféré

    faire un peu d’exercices pour remuscler sa jambe, souffrant d’un claquage..

    Elle atteignait la maison lorsqu’un inconnu l’aborda, sac à dos en bandoulière,

    il dit vouloir aller à la colline aux miroirs, elle lui expliqua que cette colline,

    qui tenait son nom de la légende de Zorenza, qui ,

    pour ne plus voir sa laideur, avait fait briser tous les miroirs de la région alentour.

    Elle avait prédit aussi que la colline serait

    le seul endroit où l’on trouverait la paix !

    En confidence , l’inconnu lui avoua qu’il connaissait la légende de Zorenza..

    Qu’il était né ici, plus bas, dans la chemin, près des bancs de pierre..

    Il lui dit aussi qu’il aimerait bien qu’elle l’accompagna la bas..

    Elle le dévisagea, le scruta et soudain dit…

    “” Oh c’est toi … C’est donc toi….Tu es de retour… oh … c’est toi..”””

    Il était donc là devant elle ! Elle s’appuya sur sa canne, chancela un peu tandis qu’il la retenait..

    Elle avait les joues rosies et les sens en émois de ses souvenirs qui, brusquement

    revenaient à sa mémoire aussi vivaces qu’alors..

    Elle sourit en pensant au jour ou il avait enfilé un costume à la James Bond

    et était venu lui offrir du muguet, attaché au bout de son arbre factice..

    Mais il avait fait cela d’une manière héroïque..

    Il était monté par le balcon pour faire son entrée fracassante, mais ce fut lui le fracassé..

    Le grillage avait cédé, déchirant le pantalon et la chemise et il s’était retrouvé en bas,

    tout déguenillé mais si sexy….

    Le tapis moussant du jardin doit encore s’en souvenir……….Elle aussi …

    –Pourquoi ris tu ? lui demanda t il ?

    –Oh rien..Je repense seulement au muguet…

    Il se mit à rire de bon cœur !!! Ah ce rire !! Tant attendu, tant espéré …

    –Laisse moi entrer souffla t il, il fait frais et tu dois souffrir, fit il , montrant sa cane…

    –Oui bien sur…Ma jambe ?? oh ce n’est rien !! Un claquage au sport..

    Elle tourna le clé , Tom la suivit de près , regarda, il sourit et dit ;

    –Tu n’as rien changé..Tout est comme dans mes souvenirs.

    –Oui Tom .. Alors pourquoi ? Pourquoi cette longue, ce terrible silence !! Pourquoi ???

    –Assied toi Coline je vais te dire mais avant dis moi , Ya t-il un homme dans ta vie ?

    La porte refermée sur eux, dans la pénombre de la petite maison, Coline attendait les aveux de Tom..

    Collée à sa chaise, pendant que Tom allumait un feu dans la cheminée..

    Il chatouilla le bois avec le bouffadou, tandis que Coline se demandait comment allait prendre fin

    l’émoi qui l’envahissait peu à peu ?? Allait –elle tout lui dire ??

    Déjà, lui dire, qu’à proximité, Angélo veillait sur elle depuis son départ..

    Qu’entre eux, le degré d’amitié s’était réchauffé !!

    -Alors Coline, tu ne réponds pas ??

    –Ecoute Tom, tu es parti si vite, sans un mot, on ne sait où !! Un coup d’aile et l’oiseau s’était envolé !

    -Je sais , je sais Coline mais Coline dis moi !! Y a t –il un autre homme ??

    –Oui Tom, lâcha Coline, oui il y a Angelo !!

    Angelo !! Angelo mon ami de toujours !! Mon frère !!! ???

    -Ah non Tom, ne l’invectives pas ainsi !! Ah non alors !! Il a été si bon avec moi et puis et puis….

    -Et puis quoi Coline ?? quoi !!!

    Mais heuuuu, Tom, tu m’as abandonnée, laissée sans nouvelles…

    Que voulais tu, que je devienne brodeuse comme Pénélope ???

    –Coline mais que voulais tu donc ? Que je t’envoie le corbeau, ce messager de mort, pour te dire que

    je ne pouvais plus parler ? Que jamais plus je ne pourrais vocaliser sous la douche avec toi ???

    Te dire que le début de la fin allait commencer ???? Que la mort prenait possession de ma gorge ???

    –Oui Tom oui tu aurais du le dire !! Il aurait fallu Tom. A présent….

    Laissant sa phrase en suspens, les larmes coulèrent sur ses joues, des larmes, que vite elle chassa

    d’un revers de main et que sur un ton de colère elle dit ;

    –Nous aurions lutté Tom, à deux !! La fuite n’est jamais une solution…….

    Un jour , j’ai retiré du mur de la chambre le beau tableau où tu nous avais

    peints dans la jonque, sur la rivière de la colline aux miroirs …Et j’ai continué à vivre Tom !!

    –Coline, écoute moi, pardon Coline…….Mais je suis là, j’ai bataillé et gagner Coline…

    –Ah Tom, le temps a passé, jamais un mot, une lettre, j’aurai attendu peut être.. Qui sait ???

    Angelo est là tu sais , depuis 6 ans il prends soin de nous, il est toujours là pour nous…………

    –Pour nous dis tu ?? Qui est ce nous Coline ???

    Coline se leva de sa chaise, alla à la fenêtre et regarda la maison d’ Angelo…….

    La lumière était allumée et il devait attendre Coline, elle devait passer chercher Genny..Sa fille…

    –Nous Tom, c’est ma fille et moi !!!

    –Ta fille ?? Tu as une fille !! Mais quelle Age a t-elle ta fille ?

    Elle a 6 ans Tom, Genny à 6 ans déjà…..

    –Mais mais.. balbutia Tom, 6 ans !! Mais je suis partie depuis presque 6 ans !!!

    Coline !! Coline !! Est – elle ma fille ?? Coline je t’en prie !! C’est ma fille ????

    Coline regarda Tom, le fixa et lui dit…Ton !! Ecoute Tom.....Heuuuuuuuuuuuuu,

    Elle hésitait, pensant que

    l’heure était grave, un grand vide emplissant la maison tout d’un coup..

    La maison, entourée de collines au nord , à l’est et au sud, un petit ruisseau venant de l’est traversait le jardinet,

    en face de chez Angelo qui devait mourir d’impatience, se demandant comment tournait la conversation..

    Il avait, lui, de suite, reconnu Tom, le matin descendant du bus et il savait qu’il attendait Coline au chemin..

    Il faisait bien nuit à présent et Coline entendait le clapotis du ruisseau en contre bas,

    qui allait rejoindre le barrage.. L’époque de sa construction était le mois et l’année où Tom l’avait abandonnée.

    Quelle célébration !!!

    Il l’avait rayée de sa vie, sans parole, à temps pour lui, venait il de lui avouer…

    Coline retourna sur sa chaise, refermait son gilet gris quand retentirent les douze coups de minuit à l’église..

    Tom la scrutait, impatient de sa réponse…

    –Coline, ta fille…Est –elle Ma Fille ???

    Il lui toucha l’épaule, lui prit la main, voulant lui témoigner sa sincérité et l’inciter à parler..

    –Tom !! Ecoute, pendant plus de six ans, Angelo était là et nous deux, ne partagions plus rien..

    J’ai mené cette course à la vie avec l’aide d’Angelo !!

    –Oui Coline, mais……Mais tu sais pourquoi.. Mais j’ai le droit de savoir non ??

    Coline picora quelques miettes des biscuits, but son thé tiède et dit ;

    –Assied toi Tom..Veux tu encore du thé ?

    –Non !! Je ne veux pas de thé !! Je veux savoir tu comprends !!!

    Coline tordait son mouchoir dans ses doigts, ses pensées filaient à cent à l’heure…

    Elle se devait de rendre hommage à Angelo pour son dévouement, sa présence et son aide !

    Mais devait elle des explications à Tom qui l’avait abandonnée, sans chahut mais aussi sans rien dire ??..

    Tom souffrait, tremblant comme s’il avait avalé une fiole d’arsenic !!

    –Ecoute Tom, le temps a passé, tu n’as jamais essayé de me joindre, jamais !!

    Je ne comptais pas pour toi alors de quel droit poses tu des questions ??

    – Mais Coline chérie, Je ne savais pas que nous avions eu une fille !!!

    –Tommy attends !!! Je n’ai jamais dit qu’elle est Ta Fille !!! Jamais !!!

    Angelo est toujours là pour elle , pour moi, toi non !!

    Il faut que je parle à Angelo, laisse moi à présent veux tu ??

    –Soit je pars, mais je ne m’effacerai pas cette fois, je reviendrai, je serai là demain..

    A demain Tom, lui dit elle , en refermant la porte sur lui….

    Angelo remit le rideau en place, il venait de voir Tom fuir la maison de Coline..

    Ninou s’était endormie dans la chambre d’amis..

    Lui avait elle dit ????

    Dans le ciel bleuté, sans aucune éclipse, la nuit immortelle suivant le jour intimement,

    avait associé pensées et réflexions nocturnes, empêchant Coline

    de sombrer dans un sommeil réparateur..

    Angélo, de son côté avait peu dormi aussi mais Ninou, elle , était fraiche comme à six ans !

    Elle avait déjeuné et demander ;

    –On y va quand chez Maman Papa Angélo ??

    –Des que tu seras prête ma Ninou..Après je te déposerai à l’école..

    Il prirent tous deux le sentier de la maison entourée d’un halo de soleil qui sans prévenir, avait envahit la vallée ce matin..

    Ils passèrent la charrette fleurie, dont les roses, perlaient des larmes de rosée..

    Ninou ouvrit la porte et se jeta dans les bras de Coline en disant ;

    –“” Youppie , j’ai dormi chez Papa Angélo moi !! “”

    –“”Oui ma chérie c’est bien mais va vite préparer ton sac , sinon tu va être en retard…””

    “”D’accord Maman !! Ca va ta jambe ??

    – “”Oui ma chérie et aujourd’hui plus de béquilles et ce soir je vais te chercher..”””

    Ninou s’engouffrait dans la voiture d’Angélo pendant qu’il regardait Coline intensément, interrogateur !!

    –“”Reviens, Angélo, nous parlerons….””

    Sur la route du retour, après avoir déposé Ninou, ses pensés se bousculaient…

    Coline avait elle dit la vérité à Tom ??

    Tom allait il lui ravir Coline ?? Allait il lui faire prêter serment ??

    Mais non, Coline n’était une oie blanche…..

    Mon dieu, il l’aimait tant depuis six ans…

    Angélo se rendit à l’ “Orangerie”, du village, il devait revoir l’électricité des néons endommagée par les pigeons..Ils avaient pourri l’éclairage..

    Ses pensées vers Coline et Ninon, ne le quittait pas. Chaque instant, il pensait à leur vie si heureuse..

    Il n’avait vu Coline que quelques moments ce matin et le retour de Tom lui laissait hors du temps..

    Qu’avait elle choisi de dire ? L’abcès serait il percé ??

    Sa nuit avait été courte , il avait épié la fenêtre de Coline et s’était peu reposé.

    Le réseau électrique réparé, Angélo rentra.

    Le portique était ouvert et stoïque, Tom se tenait devant la porte, une bouteille de champagne à la main !!

    –Salut Tom !! Alors de retour…Que viens tu chercher après toutes ces années ou tu as abandonné tous les tiens ??

    –Je viens te parler Angélo et triquer avec toi à notre amitié !! Et puisque Coline ne dit rien, toi tu dois savoir,

    tu as toujours été son confident, c’est logique que tu saches …

    – Toi ?? Un ami !!! Mais de quelle amitié parles tu après 6 ans de silence ??

    Ecoute Tom, je n’ai rien à te dire, attends Coline, elle ne va pas tarder…

    A ce moment la voiture de Coline se gara devant le chalet.. Coline les regarda…

    Angélo lui avait il dit ?? Mais non se ravisa t-elle.. Ce garçon est quelqu’un de bien, elle l’aime,

    il est idyllique .. Cynique Tom dit à Angélo ;

    J’emporte le champagne !! Sans doute une bonne nouvelle à fêter bientôt.

    Il entra avec Coline dans la maison.. Brusquement, elle s’emporta et parla..

    – Ecoute Ton, nous n’allons pas faire dans le tragique, assieds toi et ne m’interromps pas je te prie…

    Lorsque tu m’a quitté, j’étais effondrée, désespérée, mille questions en tête

    car toi et moi, n’avions pas eu de querelles..Jamais..

    Un soir, j’étais en panique, je me suis réfugié chez Angélo, quelques semaines après ton exil..

    Il m’a réconforté, mis de la musique, me faisait oublier , c’était magique, romantique..

    Tu comprends n’est ce pas ??? Tom ???

    –Ne soies pas pathétique Coline, je ne suis pas loufoque, j’ai compris,

    mais cela ne réponds pas à ma question ??? Soit !!.. Vous avez couchés ensemble, mais Ninon ???

    Ninon est – elle ma fille ??

    —Non Tom, elle n’est pas de toi, mais d’Angélo et je peux te dire qu’en temps que Papa,

    c’est une pointure aussi.. Elle porte son nom tu sais…

    Ironique, dépité, offusqué, Tom dit…

     Bravo Angélo…

    Il regarda Coline , eut une mimique comique de dégoût, et partit sans se retourner…

    Coline, Ninon, Angélo ne le revirent jamais…

     

    Ghislaine Gruson


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    Le passé oublié, nouvelle de 2016

     

    Le passé oublié (2016)

     

     

     

    Elle avait échoué sur la rive du lac, il y a plusieurs années maintenant.

     Secourue, aidée, elle avait trouvé refuge chez la famille Milan,

     après sa longue hospitalisation et sa convalescence !

     Si son corps n’avait souffert d’aucun traumatisme, il n’en fut pas le

     cas pour sa mémoire, qui semblait perdue à jamais…..

     Elle n’avait pas retrouvé ses souvenirs et, si on lui avait donné le

     prénom de Violette, c’est que ses yeux avaient des reflets violets….

     Il y avait eu de longues et vaines recherches, des avis placardés partout,

     des recherches effectuées par les gendarmes, des appels télévisés,

     et d’autres tentatives infructueuses pour trouver son identité !

     Quelques années avaient passées quand,

     par ce bel après midi de printemps, Madame Milan,

     reçu pour Violette un colis ! 

    Elle, que rien ne reliait à personne recevait un colis !!!

     L’effervescence gagna tout le monde et le temps sembla

     être suspendu pendant que Violette ouvrait le mystérieux colis ! 

    “”C’était un petit paquet, enveloppé de papier marron,

     entouré d’une mince ficelle,””….

     Le paquet contenait une missive, et quelques papiers d’identité

     au nom de Eva Mercier

     La lettre fut lue par Violette à voix haute, elle disait ;

     Ma chère Eva,

     Si tu lis cette lettre, c’est que je ne suis plus de ce monde !

     J’ai chargé une étude de te faire parvenir ce courrier

     si tel était le cas..

     J’ai su que tu avais survécu quand je t’ai jetée du bateau,

     j’ai su aussi que tu as perdu la mémoire,

     j’ai donc pu réussir mon plan, et il a fonctionné à merveille,

     j’ai pris ta place, j’ai pris ta vie…. 

    Cela a été si facile, nous nous ressemblions tant et voilà

     pourquoi je t’avais demandé de ne pas révéler aux tiens mon existence !

     A l’étude, il te sera remis le rapport de ces années ou

     j’ai pris ta place auprès de ton mari, ta fille, ta famille,

     même ton argent que j’ai fait prospérer…. 

    Violette ne put en lire plus, la lettre tomba de ses mains

     et elle s’évanouit.

     Je devais être morte, et pourtant je suis là, chez moi , dans cette maison, après avoir lu la lettre maudite !

     La lettre de celle en qui je croyais, celle qui se disait mon Amie, ma soeur..

     Celle qui m’avait tout pris, ma vie, mon mari, ma fille !

     Celle qui savait que je n’avais pas péri en mer alors qu'elle m’avait jeté pardessus bord !!

     Celle qui savait que, de ma vie et mes souvenirs, je ne savais plus rien !!

     Ma mémoire s’était engloutie dans les eaux, d’où l’on m’avait sauvée. 

    Eva, prit le chemin de la vérité, anxieuse de la rencontre, et arrivée elle

      regardait cette maison qui fut sienne, cet homme si beau au regard doux, cette jeune fille

     qui, étrangement me ressemblait tant, ma fille... Sa fille oubliée elle aussi....

     Je m’appelais donc Eva Mercier ; Mais Violette Milan, je l’aimais bien ce nom,

     et puis je m’y étais habituée depuis ces années…

     Eva les regardait, scrutant leur visage, espérant le déclic des souvenirs enfouis.. Mais Rien !!

     Sa pauvre tête endolorie, résonnant encore des révélations lues, tournait un peu..

     Cécile, la jeune fille au teint de pêche, à la chevelure longue et brune, la regardait de ses

     yeux couleur myosotis, pareils aux siens..

     Elle se tenait près d’un meuble..

     Doucement, elle vint vers Eva, lui prit la main, l’embrassa ,puis la prit dans ses bras,

     en murmurant ;

     “”Ecoute Maman , écoute, ferme les yeux, écoute..””

     Une musique résonna dans le salon, et une voix égrena des mots sur une musique douce..

     Eva l’écoutait cette chanson, écoutait ses mots, sa mélodie…

     “”Cécile, ma fille,” disait la chanson..

     Eva regarda sa fille, son mari, à nouveau sa fille et puis ne vit plus rien ;

     Elle venait de s’évanouir…

     Elle venait de recouvrer la mémoire........

     

    Ghislaine Gruson

     


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  • Le camp

     

    Le camp.

     

    L'eau, l'eau sur moi aussi, mais celle qui quittait mon corps.

    Depuis combien de temps je marchais ? Je ne savais plus.

    Je parcourais ce paysage ou rien d'autre à perte de vue, 

    que l'eau et les montagnes.

    Un pause et un coup de gourde s'imposait.

    Un petit répit dans ma quête du camp.

     

    Quelque chose attira mon attention.

    Quelque chose d'humain semblait- t- il.

    Mais ce quelque chose était plusieurs, des formes

    humaines, oui , peut être, les unes à la suite des autres,

    mais irréalistement, reliées entre elles par un cordon ombilical

    translucide, , ajusté aux bras .., comme des pantins, ai-je

    pensé une seconde....

    On aurait dit des sculptures vivantes, qui passaient d'une rive

    à l'autre mais éthérées. Presque métaphysique. Et sans toucher l'eau.

    Mais où étais-je ?

    Que faisais- je là avec mes hallucinations débiles !!!

    Allez !! Avancer ! Oublier ces OMNI, (Objets marchants non identifiés)

    Trouver le camp, marcher encore, pour ne pas crever de folie ici !

    Le soleil avait eu raison de leur résistance. 

    Le fil ombilical était rompu, il ne restait plus que moi.

    Ils jonchaient le sol de montagne. L'eau bientôt les recouvrirait.

    Seule ! J'étais seule pour arriver au camp.

    Cette longue marche depuis le vaisseau.Si longue.Si longue....

    Comment assurer notre survie si j'étais seule ? Notre planète morte,

    qu'allait il advenir de notre race ?

    La douleur me sumergea si fort que je regrettai que les eaux

     ne m'ai envahie moi aussi.

    Les larmes qui coulaient sur mes joues, je ne les sentais meme pas.

    Les sanglots secouaient mes épaules lorsque j'entendis crier au loin.

    Olénor, Olénor, regarde, regarde , j'arrive, ne pleure plus. Olénor.

    Le son me parvenait si loin et étouffé que je croyais à un mirage.

    Mais le mirage était vivant et Kélonor était là.

    Il me criait de venir, de courir. De regarder.

    Je n'ai jamais couru aussi vite !

    La joie laissait place à mes pleurs de détresse.

    Kèlonor était vivant, mon Kèlonor.

    Je perdais le souffle, je devais aller chercher loin en moi,

    une prespiration salvatrice....

    Quand j'ouvris les yeux et respirais enfin, il était là !

    Là assis sur une chaise de rosier, au milieu

    d'une verdure si verte qu'on l'eue dit fausse..

    Mais que faisait il assis là, jetant au vent

    des papiers, des milliers de papiers.

    Il posa la main sur son épaule tandis que devançant sa question, il dit

    "" Vois Elonor, vois, j'envoie les graines, vois, elles sont greffées aux mots

    que j'ai écris, regarde , notre planète n'est pas morte en vain.

    Et il jetait, jetait tous les petits papiers sur l'herbe verte de la prairie.

    Le camp n'était plus si loin et

    les graines levées leur indiqueraient le chemin.

    Le comp, trouver ce camp, celui de leur survie.

    Kélolor se leva, prit Olénor par la main et ,

    ensemble regardèrent la 1ere graine  se lever.

    Kélanor et Olénor suivaient le chemin tracé 

    par les graines de leur planète, Zonadore..

    Ils avaient été choisis avec d'autres pour vivre et repeupler ce camp,

    une survivance de leur planète altérée. Ce camp était pur et ils

    savaient que les erreurs passées, eux ne les feraient pas..

    La leur était devenue irrespirable. Le progrès l'avait anéantie...

    L'énergie avait étouffé la nature, les vies, l'air. tout.

    Celle çi possédait encore un camp de survie, seulement connu d'eux...

    Les graines fétiches possédaient le pouvoir de les y conduire,

    parmi d'autres .Mais le chemin serait long , très long encore..

    Olénor réfléchissait ;  De peur de perdre Kélonor, elle proposa son idée.

    "" Prenons le lacet de ma robe et attachons nous les jambes,

     je t'en prie, ainsi on ne se perdra pas.. ""

    "" Mais nous tomberions Olénor..... ""

    Il lui prit le lacet noir et il l 'attacha au bras de chacun.....

    ""Il remplacera le cordon vois tu """

    Elle sourit , heureuse.

    Le soleil chauffait, chauffait beaucoup et la soif allait venir.

    Il dit pendant qu'elle le pensait,

    "" Il faudra bientôt s'alimenter et boire...""

    Elle répondit paniquée ;

    " Mais as tu encore des graines ?? Je t'ai vu jeter tout au vent ?? "                                                                                                                                               Comment peux tu penser une seconde que j'aurais jeté toutes les graines du savoir ?

    "Je sais , mais je me sens si perdue que mon discernement en est altéré,

     pardonne- moi """

    "" Nous allons arriver au Camp, ne t'en fais pas  "" répondit Kélonor, sur de lui.

    Ils avancèrent après s'être restauré grâce aux pouvoirs des graines..

    Cette planète nouvelle, Vénor, encore une énigme pour eux, 

    n'était sans doute plus très loin à présent.

    Et puis d'ailleurs, le Camp serait averti de leur arrivée et un guide serait là.

    Le Camp était le lieu de rassemblement des Zonodoriens !

    D'autres avant eux étaient venus, ceux du vaisseau un, deux et trois.

    Eux , faisaient partie de la zone quatre...Mais ils ne restaient qu'eux deux.

    Kélonor pensait à sa vie, à sa planète quittée, pas par choix hélas.

    Tous les grandes personnes ont été des enfants mais très peu d'entre elles

    s'en souviennent. Kélonor, lui, n'oublierait jamais son enfance, ni Olénor.

    Cette enfance, passée avec des masques, une combinaison, pour ne pas être

    contaminés, en respirant le peu de zonade filtrée qu'il restait encore dans l'air.

    Ici, sur Vénor, plus besoin de tout cela, ils sont libres de respirer, libres

    de leurs mouvements et libre de vivre enfin...

    Il en était là de ses pensées, quand au loin, il crût voir quelque chose bouger.

    Mais !! Mais !!! Oui c'était bien quelque chose et cela flottait

    dans le lointain paysage, vert, respirable, sain...

    Ils scrutaient tous les deux ce point à l'horizon qui s'agitait dans l'air !

    Elle cria , hurla, s'agita, et lui, calmement dit ;

    C'est le drapeau du camp !

    "" Es-tu sur que c'est le drapeau du camp ""

    ""Mais oui c'est certain ! Avançons ! ""

    Subitement, leurs pas semblèrent lourds, pesants et ils sentaient bien qu'il

    leur était difficile de marcher normalement et la progression se faisait

    à la lenteur d'un escargot, transportant des armées d'hirondelles

    en partance pour une migration salutaire...

    Le petit point s'opacifiait dans le lointain d'un légère brume,

    comme sur un aube d'un jour nouveau, se levant au bout de la plaine.

    Kélonor et Olénor, voulaient rester courageux dans cette adversité

    qu'ils ne comprenaient pas trop bien...

    Mais où étaient-ils donc ?

    Sur le bas côté du chemin des graines, un vélo antique était posé sur

    sa béquille, un manteau - capuche accroché à sa selle..

    Quelle bécane étrange ! Il y avait des années que personne n'utilisait

    plus ce moyen de transport. Et comme ils voudraient pouvoir le faire ici..

    Le pas très lourd devenait usant et les efforts les essoufflaient.

    "Regarde ! Regarde, un homme sur la chaise ! Il joue de la musique ! "

    Stupéfaits tous les deux, il n'en croyaient pas leurs yeux,

    il y avait des lustres lumières que personne ne se servait 

    de ces instruments canoniques.

    Mais en quelle année étaient - ils ? La perplexité , l'incompréhension s'emparaient d'eux

    à mesure qu'ils essayaient de se rapprocher de l'homme qui jouait.

    Eux sur Zonadore, quand ils voulaient de la musique, la pavé musical

    servait à cela, il suffisait d'effleurer la touche correspondante.

    Védor leur sembla tout à coup bien peu évoluée, étrange.

    Etaient -ils, finalement arrivés sur la bonne planète ?

    Pourtant l'air était sain. Mais que c'était dur d'avancer !

    Bien que toujours attachée par le lacet noir, Olénor, se

    rapprocha encore plus de son compagnon. La peur s'amplifiait.

    " Allons voir cet homme étrange. Il saura nous dire où nous sommes ! "

    Difficilement, ils avancèrent quand soudain 

    un mur invisible leur barra le chemin et ils se cognèrent dessus.

    Un mur invisible ! Voilà à quoi ils arrivaient.

    Voilà donc pourquoi, aucun des deux n'avaient entendu le son

    de la musique ! C'était donc un mirage ! Une image subliminale ?

    Mais où était le camp ? Les graines avaient indiqué ce chemin !

    "Kélanor, peux - être  que la porte est plus loin ? "

    ""Un guide devrait être là ? Tu as raison Olénor, longeons le mur ""

    Courageux et volontaires, toujours attachés, ils marchèrent.

    Kélonor avait posé sa main sur le mur, attendant l'instant où

    il sentirait une ouverture.

    Avant de partir de Zonadore, le sage avait dit 

    qu'il faudrait mériter l 'entrée au camp. Il  comprenait pourquoi !

    Toutes ces déconvenues à répétition étaient sans doute voulues !!

    L'image derrière le mur changea subitement, plus de verdure, plus de musicien.

    Un ciel bleu sur un paysage de ville, perçu au travers

    d'un cadre façon valise ouverte sur la ville, 

    avec en son contenu un bateau sans eau, posé là, 

    sur la base du cadre ouvert sur le paysage !

    Quelle étrange et belle vision d'un autre monde.

    Etait-elle réelle cette image ? Ils s'étaient tous les deux figé quand,

    dans ce ciel ,apparu un engin inconnu qui semblait descendre vers eux.

    Un chemin astral fluorescent paraissait leur indiquer la route à suivre !

    Etait-ce enfin le bon chemin du camp ?

    Le tracé fluorescent était apparu si subitement que stoiques,

    ils ne bougeaient toujours pas.

    Ahuris, surpris ! Comment se pouvait il que le camp soit dans une galaxie ?

    Il ne restait plus de Zonadaire à respirer la haut.

    Le doute s'emparait d'eux...

    La peur aussi, mais celle de l'inconnue de la situation surtout.

    Oléanor réagit la première et donna du coude à Kélanor avec insistance..

    Elle commençait vraiment se poser des tas de question sur leur devenir.

    " Allez viens. Prenons ce chemin, nous sommes attachés par le cordon,

    on ne se perdra pas n'aies pas peur "

    Aussitôt qu'ils s'approchèrent du tracé brillant une échelle blanche

    apparue subitement à leurs pieds.

    L' as du vaisseau posa le premier un pied sur l'échelle.

    Derrière lui, Oléanor suivit..

    Tous deux furent comme aspirés dans cette mouvance solide malgré la translucidité des barreaux

    Les sens déstabilisés, ils se serrent l'un contre l'autre.

    Ils ne pouvaient même plus penser et Olénor se mit à pleurer doucement, 

    comme paralysée d'effroi et Kélanor sentit la chaleur de ses larme

     dans son cou.

    Il ressera son étreinte, voulant la rassurer, bien qui lui ne le soit pas non plus.

    Il leur sembla que ce transport dans l'espace avait duré une éternit

     lorsque l'échelle disparut et qu'ils ne tombèrent pas.

    Comme suspendus dans le vide alors que leurs jambes touchaient

    un sol invisible mais présent.

    Une voix, mais une voix sans personne, juste une voix dans leur tête dit ;

    " Vous pouvez vous détacher, soyez sans crainte, vous êtes au camp "

    Ils se regardèrent, pensant sans doute la même chose ;

    Ils connaissaient cette voix là..Trop bien. Mais que faisait elle là ?

    La voix !! Mais ce n'était pas possible enfin.

    Elle ne pouvait pas être là .

    Mais pourquoi ne voyaient ils rien, pourquoi n'entendaient ils que la voix ?

    Oléanor s'acrochait à Kélonor, effrayée comme jamais.

     Ses larmes coulaient sur ses joues,

    s'insinuaient dans sa combinaison, mouillaient sa poitrine,

    que se soulevaient à une vitesse folle tant la peur l'imprégnait.

    Kélonor regardait partout, se retourna, scrutta en haut de

    la capsule mais ne vit que les lumières du vaisseau.

    Le tableau de bord n'était qu'un clavier, surmonté dun écran.

    Personne n'était là pour les recevoir, personne autre que la voix !

    Ils ne voulaient pas l'entendre , non ils ne pouvaient pas !

    Ils avaient suivi le chemin des graines et les graines, jamais

    ne font d'erreur, ce sont les graines du savoir et du pouvoir.

    Depuis leur départ, certes perilleux, elles les avaient aidés.

    Beaucoup de planètes leur enviaient ces graines d'ailleurs.

    Chaque planète possédant son pouvoir particulier, eux

    avaient les graines du savoir.

    Kélonor pensa à en jeter une sur la paroi. Peut être

    saurait il pourquoi ils étaient là. Et où étaient Védor ?

    Etait ce avec ce vaisseau qu'ils iraient ?

    Il allait donc prendre une graine quand la voix de nouveau,

    leur dit, bien plus abruptement ;

    " Passez dans le sas, vous en ressortiez , propres et

    vêtus pour le voyage suivant en partance pour Védor "

    Mais comment s'écria Kélonor !!

    "Où es-t-on ? Que faisons ici ? Pourquoi êtes vous là ?"

    Oléanor, qui pleurait encore, doucement, dit entre deux

    sanglots " S'il vous plaît, montrez vous ! Vous ne pouvez pas

    être là ! Vous êtes morte sur Zonadore !! On a vu votre dépouille

    lancée dans le cosmos..!! "

    "" Allez dans la sas insista la voix bien connue, vous saurez tout

    et bien plus ensuite.."

    Kélonor réflechissait vite !! Jeter la graine ou entrer dans ce sas ?

    Quelques secondes de reflexion lui suffirent pour agir !

    Il enserra la taille de sa compagne et il dit d'air rassurant !

    "Allez go !!! "

    Alors que Kélonor allait jeter la graine,ils furent " entubés".

    Au moins dans ce tube translucide, ils étaient fixés sur leur présence ici !

    C'étaient donc les graines qu'ils voulaient.

    Le piège du vaisseau avait fonctionné.

    La voix dit ;

    Jetez les graines dans le sas et je vous laisserai libres ""

    " Elles ne vous serviront à rien " répondit Kélonor.

    Le vautour des galaxies s'était fait passé pour mort sur Zonadore !

    Les sages l'avaient condamné et il s'était évadé pour mourir

    dans l'espace  à ce qu'il avait été rapporté !

    Depuis des Zonelles, il voulait les pouvoirs des planètes et ainsi

    devenir la grand maître de l'univers.

    Ils n'étaient donc pas sur Védor mais ils savaient que les graines

    tuaient ceux qui n'en faisaient pas bon usage !

    C'étaient les graines du savoir, Kélonor jeta donc les graines

    dans le sas sans aucun remords, elle reviendraient vers lui, il le savait !

    La voix dans le vaisseau cria ;

    ""Pourquoi souriez vous ainsi ? ""

    C'est Oléanor qui,ncette fois, répondit ;

    "" Vous le saurez très bientôt ""

    Elle se lova contre son amoureux et pensa comme elle était

    contente que tous deux soient encore attachés par le cordon noir.

    La seule pensée qui les traversa à ce moment fut ; 

    Mais où est donc Védor ?

    Où est le camp ?

    A ce moment les graines détruisirent le vaisseau piège et ses occupants,

    qui se désagrégèrent en perles noires dans le cosmos,

    pendant que tous deux se retrouvaient sur le chemin de verdure.

    Les graines au chaud.

    Soudain, alors à peine remis de leurs émotions, se dessina sur le chemin,

    une image bien étrange mais vivante. Des engins bizarres, 

    roulant sur une surface dure traversée par des bandes blanches.

    Drôles de vaisseaux qui se déplaçaient avec des ronds de caoutchouc,

    sans propulseur. Jamais ils n'avaient vu cela ! Des panneaux bordaient la voie !

    Mais quelle était cette étrange vision que leur donnait les graines ?

    Ils n'avaient pas dit un seul mot encore que tout disparut aussitôt venu !

    Ils se regardèrent, interdits, mais stoïques malgré la surprise de l'effet !

    Oublier ! Oublier cette vision et continuer ! Voilà ce qu'il fallait faire !

    Trouver le camp qui les mènerait à Védor !

    Seulement penser à ça !! Le camp !!

    Sans parler, ils avancèrent sur le chemin de verdure.

    Kélonor prit une graine, la lança..

    Dans le vide , face à eux apparut une brèche qui s'ouvrait

    dans un autre espace temps. Voilà sans doute le bon chemin.

    Sans réfléchir, ils se laissèrent emporter, sans peur, les graines savaient !

    Bien sur que les graines savaient.

    Ils s'étaient donc jeté dans la brèche avec confiance.

    Pendant la traversée, ils ne sentirent rien du tout.

    Juste à peine s'ils entendaient des bruits .

    Des bruits qui leur semblait familiers, même rassurants.

    Une porte qui s'ouvre, de l'eau qui coule, tiens des odeurs aussi !

    Qu'ils étaient bien en fait, portés par cette douce et souple

    vague , comme sur un nuage de coton , si douillet qu'ils n'avaient

    pas la moindre envie de quitter. C'était le bonheur,

    c'était donc le camp, le camp enfin.

    Encore des cris connus, la porte qui claque, un moteur

    qui ronfle.Un bien être relaxant..C'est sur, ils étaient

    arrivés sur Védor et le guide allait leur réserver un accueil de roi !

    C'était quand même bruyant sur Védor.

    La voix devenait distincte, compréhensible. Elle disait !

    " Aurore ! Allez c'est l'heure ! Lève toi ! Va réveiller ton frère !

    Victor ! Debout ! Allez tu dois sortir Médor c'est ton tour ce matin  !"

    Quoi, quoi ! Mais cette voix .

    Mais c'est Maman ! Que fait ici Maman ?

    Elle sentit qu'on lui tapotait le bras.

    Elle ouvrit les yeux.

    Ses yeux écarquillés, elle regarda autour d'elle et dit ,

    "Ca y est ? On est arrivés ?? "

    " Quoi, on est arrivés ? Allez dépêche toi, on est pas mercredi, y'a école !

    Vite, le petit  dèj est prêt ;

    Vous allez me mettre en retard pour ouvrir la librairie,

    et aujourd'hui mes commandes arrivent ! "

    "Maman, moi je suis prêt , j'ai mangé !

     C'est Aurore qui dors encore ! "

    Aurore ne sait plus trop quoi penser ; 

    Alors c'était un rêve .Rien qu'un rêve ?

    Quelle déception.

    Juste au moment où ils allaient voir ce paradis.

    Médor vint lui lécher les mains ; Il voulait sortir.

    Bon ! Se lever. Se laver, manger, école, que de la routine quoi !!

     

    Ghislaine.G.

     


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